A l'Hôtel des Arts de Toulon jusqu'au 24 avril 2016
"42,84 km2, sous le ciel" résidence à Toulon de la photographe Jacqueline Salmon
Pour
nous faire traverser tous ces lieux et croiser ces objets a priori
hétéroclites, Jacqueline Salmon a choisi un fil rouge, ou plutôt
un truchement, un messager...le vent !
Certaines
villes possèdent des caractéristiques propres : Toulon, pour
Jacqueline c'est une ville dévolue au vent. Sa position
géographique, sa rade abritée, ses rues, ses paysages sont marqués
et façonnés par Eole. Cette dévolution qui devient dévotion a
abouti à donner à cette ville variété et énergie.
Comme
autrefois Janus Toulon est une ville à deux faces :
un
côté clair, lumineux, ouvert...
Toulon
est un port qui a était le lieu de départ de nombreuses
expéditions, et à ce titre elle est une ville porteuse des valeurs
des lumières : les livres de bord de La Pérouse, de Dumont
d'Urville, les photographies d'indigènes rencontrés...comme une
volonté de comprendre, de découvrir le monde !
Dans
la même ouverture, il y a ce livre de la Franc-Maçonnerie avec tous
les espoirs humanistes qu'il comportait.
Une
ville faite de lieux de mémoire, de lieux perdus, est aussi le
réceptacle des nombreux voyages de ses marins. Tel un cabinet des
curiosités géant, toutes les maisons recèlent ces traces du passé.
Derrière les hauts murs de l'arsenal, il est aussi des lieux
mystérieux où résident ces traces. Le musée de l'uniforme fait
partie de ces lieux un peu secret. Un sous marin nucléaire d'attaque
est également un secret, mais récent, que cette ville cache.
A
ce moment, on peut distinguer le côté sombre de cette ville.
Ce
sous marin peut également illustrer la peur du nucléaire, si
proche, si peu visible. Ces mêmes vieilles rues ne laissent plus
apparaître que des fragments de l'histoire du petit Chicago,
réputation de la basse-ville dans les années 20 et 30, jusqu'à
l'après guerre. Les mêmes apparences de civilisation peuvent
masquer l'arrogance de cette humanisme dominateur. Les dessins des
indigènes démontrent cette ambiguïté historique.
Les
vieux rôles du bagne témoignent également de toutes les peines et
douleurs que ces lieux ont abrités. La légende de Jean Valjean
envoyé au bagne de Toulon pour le vol d'un pain de 5 sous n'est pas
exagéré.
Vous
vous rappelez que j'ai commencé par parler de la stratégie de
Jacqueline Salmon pour échapper à ce terrible reproche fait à la
photographie de n'être qu'à vocation utilitaire, au mieux
illustrative.
Non
seulement nous avons parlé de sa poétisation du portrait de la
ville par le truchement du vent, mais il y a chez Jacqueline Salmon
comme pour de nombreux artistes contemporains un recours à des
glissements ou à des changements d'axe...à suivre
En vente dans toutes les bonnes librairies:


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