Expositions
Musée du Quai Branly Jacques Chirac jusqu'au 1er Mars 2026
18 nov. 2025 01 mars 202618 nov. 2025 01 mar202
Bien avant de s’exporter en Occident sous la forme de tatouages ou de films d’heroic fantasy, le dragon est cette créature chimérique qui incarne aux yeux du peuple chinois la prospérité, la force, le pouvoir. Aux antipodes du monstre cracheur de feu forgé par le monde occidental, il se montre tantôt bienveillant, tantôt redoutable, maîtrisant selon son bon vouloir les pluies diluviennes et les tempêtes, porteuses de prospérité ou de famine… Née d’un partenariat avec le Musée national du Palais de Taipei, à Taiwan, l’exposition du musée du quai Branly a rassemblé ainsi des œuvres exceptionnelles (jades et bronzes rituels, portraits d’impératrices et d’empereurs, porcelaines, peintures sur soie…) pour capter les mille et une métamorphoses de cette fascinante créature, terrestre, aquatique et céleste tout à la fois.
Paris
Matière, lumière, forêts et vitraux : immersion dans les univers de Eva Jospin et Claire Tabouret au Grand Palais

À partir du 10 décembre, le Grand Palais accueille deux artistes majeures de la scène contemporaine française, Eva Jospin et Claire Tabouret. Deux expositions, deux univers artistiques, réunis en un seul évènement : entre forêts sculptées et vitraux monumentaux baignés de lumière, visionnez dès maintenant la bande-annonce !
A la monnaie de Paris
M.C. ESCHER PARIS
La Monnaie de Paris
11 Quai de Conti, 75006 Paris, France
PlPlongez dans l’univers visionnaire de M.C. Escher, où la logique rencontre le rêve et les mathématiques embrassent le paradoxe. Pour la première fois à Paris, plus de 200 œuvres de son génie vous conduisent dans un voyage à travers des perspectives impossibles, des métamorphoses continues et des mondes défiant la réalité. Une expérience visuelle et émotionnelle, accueillie dans l’un des musées les plus célèbres de Paris.
https://youtu.be/t-Oyzk-nWzI?si=rS6879GeqANX7ShN
Les Faussaires... de vrais artistes!
Han van Meegeren, né Henricus Antonius van Meegeren le 10 octobre 1889 à Deventer (Overijssel) et mort le 30 décembre 1947 à Amsterdam, est un peintre, restaurateur d'œuvres d'art et faussaire néerlandais.
Son professeur, Bartus Korteling, ayant suscité très tôt chez lui le désir d'être peintre, van Meegeren s'enthousiasme pour les couleurs utilisées par les peintres de l'Âge d'or des Pays-Bas. Korteling lui enseigne même comment broyer ses propres couleurs à l'ancienne.
Malheureusement, son père ne partage pas la passion pour l'art de son fils et l’envoie étudier l'architecture à la Hogeschool de Delft. Van Meegeren se lasse vite de ces études imposées et commence avec un certain succès une carrière de peintre, en pratiquant au début l'art moderne. Il s’ennuie vite et se sent attiré par les couleurs et les perspectives décadentes de certaines peintures du siècle d'or néerlandais. À ce moment-là, cependant, ce sont les peintres de l'École de la Haye, à laquelle Vincent van Gogh était associé au début de sa carrière, que l'on place le plus haut et qui sont les plus demandés aux Pays-Bas.
Ses débuts en 1913 attirent l'attention. Il reçoit même la médaille d'or du prix quinquennal de la Technische Hogeschool de Delft. Soutenu par sa femme, Anna de Voogt, il organise sa première exposition personnelle à La Haye en 1917, où toutes ses toiles sont vendues. Van Meegeren rencontre et s'éprend à cette occasion de Jo Van Walraven, nom de théâtre de l’épouse du critique Karel Hendrik De Boer, qui a parlé en bien de son exposition.
Il tient une seconde exposition en 1922, qui se révèle cette fois un cuisant échec. Les critiques d'art dénigrent le travail de van Meegeren comme une imitation qui sent la fatigue, si bien que les galeries et les musées n’achètent plus ses peintures].
Han van Meegeren, né Henricus Antonius van Meegeren le 10 octobre 1889 à Deventer (Overijssel) et mort le 30 décembre 1947 à Amsterdam, est un peintre, restaurateur d'œuvres d'art et faussaire néerlandais.
Son professeur, Bartus Korteling, ayant suscité très tôt chez lui le désir d'être peintre, van Meegeren s'enthousiasme pour les couleurs utilisées par les peintres de l'Âge d'or des Pays-Bas. Korteling lui enseigne même comment broyer ses propres couleurs à l'ancienne.
Malheureusement, son père ne partage pas la passion pour l'art de son fils et l’envoie étudier l'architecture à la Hogeschool de Delft. Van Meegeren se lasse vite de ces études imposées et commence avec un certain succès une carrière de peintre, en pratiquant au début l'art moderne. Il s’ennuie vite et se sent attiré par les couleurs et les perspectives décadentes de certaines peintures du siècle d'or néerlandais. À ce moment-là, cependant, ce sont les peintres de l'École de la Haye, à laquelle Vincent van Gogh était associé au début de sa carrière, que l'on place le plus haut et qui sont les plus demandés aux Pays-Bas.
Ses débuts en 1913 attirent l'attention. Il reçoit même la médaille d'or du prix quinquennal de la Technische Hogeschool de Delft. Soutenu par sa femme, Anna de Voogt, il organise sa première exposition personnelle à La Haye en 1917, où toutes ses toiles sont vendues. Van Meegeren rencontre et s'éprend à cette occasion de Jo Van Walraven, nom de théâtre de l’épouse du critique Karel Hendrik De Boer, qui a parlé en bien de son exposition.
Il tient une seconde exposition en 1922, qui se révèle cette fois un cuisant échec. Les critiques d'art dénigrent le travail de van Meegeren comme une imitation qui sent la fatigue, si bien que les galeries et les musées n’achètent plus ses peintures].
Van Meegeren ne reste pas sans se défendre devant ces attaques et étrille les critiques d'art dans un article agressif publié par son magazine De Kemphaan. Les critiques d'art l'ayant attaqué et brisé sa carrière, il subsiste en restaurant des tableaux anciens, qu'il doit parfois repeindre entièrement. Cela lui donne l'idée de fabriquer des faux tableaux de maîtres flamands. Il parvient à copier leur style et leurs couleurs avec une telle perfection que les méthodes d'authentification de l'époque ne permettent pas de déceler la fraude. Après avoir passé six ans à mettre au point ses techniques, il produit ainsi des imitations parfaites de peintures de Frans Hals, Pieter de Hooch, Gerard ter Borch et Johannes Vermeer, dont il vend son premier pastiche en 1934, la Femme lisant de la musique. Les meilleurs critiques d'art et experts de ce temps les considèrent comme des peintures authentiques et quelquefois géniales, à l'exception d'Abraham Bredius qui, s'opposant à Cornelis Hofstede de Groot, décrète que le Lachende Cavalier (« Cavalier riant ») de Frans Hals est un faux.
Fort de ses premiers succès, il quitte sa femme et ses enfants et part avec sa maîtresse Jo Oerlemans sur la Côte d'Azur à Roquebrune, où il installe un atelier pour y produire ses faux. Il se procure des pigments utilisés du temps de Vermeer, y compris des lapis-lazuli qu'il achète à Londres, ainsi que des tableaux sans importance du XVIIe siècle, dont il gratte la couleur pour ne conserver que le support d'époque. Il construit également un four pour y faire sécher ses toiles afin que la couleur et les craquelures les rendent indiscernables d'un tableau ancien.
Dans cette activité particulière, il s'attache principalement à la création de faux Vermeer. Sachant que Vermeer a peint des toiles d'inspiration religieuse durant sa jeunesse, van Meegeren a l'idée de peindre une toile perdue à caractère religieux de Vermeer. Sa toile Les Disciples d'Emmaüs (1937) trompe dans les années 1930 et 1940 les meilleurs experts. Pour y arriver, il achète des bois d'époque, vernit ses toiles et les place dans un four à 100-120 °C pour durcir la peinture, puis les enroule autour d'un bâton pour reproduire des craquelures. Enfin, il remplit les craquelures d'encre noire pour imiter la poussière accumulée. Pour parvenir à ces résultats, il expérimente durant quatre ans afin de tromper les investigations scientifiques. De plus, il utilise la technique des pointillés à laquelle Vermeer recourait surtout dans ses dernières œuvres.
Van Meegeren présente son tableau en 1937. Il se rend chez un avocat à qui il raconte l'histoire d'une vieille famille hollandaise propriétaire d’un château où étaient accrochés bon nombre de tableaux. On lui aurait confié la vente du tableau moyennant commission. L'avocat confie la toile à Abraham Bredius, expert d'art hollandais, qui déclare, après plusieurs jours d'étude, qu'il s'agit d'un authentique Vermeer, peint durant son hypothétique séjour en Italie et dont la production était considérée comme perdue. Son avis prévaut, malgré quelques doutes émis notamment par le galeriste Georges Wildenstein. Par la suite, van Meegeren peint six faux Vermeer et deux Pieter de Hooch, reconnus également comme authentiques.
C'est durant la Seconde Guerre mondiale que van Meegeren connaît l'apogée de sa carrière : ses peintures sont accrochées dans les musées et ses chefs-d'œuvre sont célébrés dans le monde entier. La vente de ses faux est facilitée par l'occupation allemande aux Pays-Bas. De riches Néerlandais, voulant empêcher que les œuvres d'art de leur pays tombent aux mains d'Adolf Hitler et de membres du parti nazi, achètent ses imitations. Un faux « Vermeer », œuvre de Han van Meegeren, Le Christ et la parabole de la femme adultère, se trouve néanmoins en possession d'Hermann Göring, qui a proposé en échange 200 toiles saisies dans les musées de Hollande. Un livre sur Gerard Terborch publié en 1943 porte une dédicace imprimée : « Aan HAN VAN MEEGEREN /Den Kenner en bewonderaar/ van Terborch's edele kunst » (« À Han van Meegeren le connaisseur et admirateur du noble art de van Terborch »).
Après la Seconde Guerre mondiale, les Forces alliées découvrent ce « Vermeer » et son véritable auteur est arrêté pour avoir collaboré avec les Allemands, car on croit réellement qu'il a vendu aux nazis et à Hermann Göring un trésor culturel de son pays. Van Meegeren proteste en faisant remarquer qu'il a plutôt échangé son tableau contre 200 œuvres saisies par les nazis. Mais comme il a cédé ce qu'on croit être un authentique Vermeer et qu'un tel crime est passible de la peine capitale, van Meegeren préfère avouer la falsification et entreprend de se disculper en peignant un autre « Vermeer », Jésus et les Docteurs, dans sa cellule, en présence de six témoins.
À la suite d'une enquête détaillée, menée par des experts internationaux commissionnés par la cour régionale de justice d'Amsterdam, il est confirmé que la peinture de Göring ne peut pas dater de l'Âge d'or néerlandais et qu'elle est en réalité un faux. Han van Meegeren n’est plus voué aux gémonies comme collaborateur, mais célébré par le public néerlandais comme un escroc subtil, dont les faux ont réussi à duper à la fois les experts et le très détesté Hermann Göring.
La cour régionale de justice d'Amsterdam n'en condamne pas moins Han van Meegeren à la peine minimale (un an de prison), pour faux et tromperie. Van Meegeren ne l'accomplira pas car le 26 novembre 1947, dernier jour pour faire appel de la décision de justice, il est victime d'une crise cardiaque et envoyé à la Valeriuskliniek, un hôpital d'Amsterdam, où il meurt le 30 décembre 1947.
Elmer de Hory
Contrairement à ce qu'il affirma à son biographe, Elemér Albert Hoffmann est né de parents appartenant à la communauté juive des environs de Budapest; son père était grossiste en objets manufacturés, et non pas membre de l'aristocratie austro-hongroise.
Âgé de dix-huit ans, il part s'installer à Munich, intégrant l'Akademie Heinmann, une école d'art réputée, pour y étudier la peinture classique. En 1926, il vient à Paris et s'inscrit à l'académie de la Grande Chaumière où il reçoit les cours de Fernand Léger.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Hongrie : proche d'un journaliste britannique, il est alors suspecté d'espionnage et enfermé dans une prison politique située en Transylvanie. Exécutant le portrait du commandant, celui-ci le remet en liberté. Il est alors arrêté par les Allemands et envoyé dans un camp de concentration pour son homosexualité] Elmyr ayant réussi à prouver qu'il était, non pas juif, mais de confession calviniste. Selon Irving, à la libération, il aurait été transféré dans un hôpital militaire berlinois, soigné, puis renvoyé en Hongrie. De là, il décide de revenir s'installer à Paris et de vivre de sa peinture.
Durant les années 1946-47, il s'associe à un galeriste parisien nommé Jacques Chamberlain avec lequel il voyage en Europe et en Amérique du Sud, revendant de faux dessins de Picasso. Floué par Chamberlain, Elmyr part s'installer aux États-Unis où il aurait essayé de vivre de son art. Bientôt, il se met à fabriquer de faux Modigliani, Matisse et Renoir qu'il revend à des galeries américaines par voie postale, utilisant de multiples fausses identités dont Louis Cassou, Joseph Dory, Joseph Dory-Boutin, Elmyr Herzog, Elmyr Hoffman… Au début des années 1950, il s'installe à Miami.
En 1955, le Fogg Art Museum lui achète plusieurs Matisse et quelque temps après, les autorités découvrent qu'ils sont faux : une enquête est alors diligentée. Cette même année, Joseph W. Faulkner, courtier en art basé à Chicago, porte plainte contre lui pour faux et usage de faux. Recherché au niveau fédéral, Elmyr s'enfuit au Mexique, puis réussit à revenir aux États-Unis après avoir payé une forte somme à un avocat.
Pour survivre, il fait du porte à porte, vendant des lithographies. Dépressif, il tente de mettre fin à ses jours. Durant un séjour à l'hôpital, il rencontre le marchand d'art français Fernand Legros qui le prend alors sous sa protection. Devenus amants et vivant à Miami, Elmyr et Legros mettent sur pieds un trafic de faux tableaux, inondant le marché européen dans les années 1960 et 1970[3]. En 1958, le couple est rejoint par un jeune canadien, Réal Lessard, capable d'exécuter des copies de maîtres à la perfection. En 1959, Elmyr décide de retourner seul en Europe.
En 1962, grâce à l'argent de Legros, Elmyr s'installe à Ibiza. En 1964, l'enquête américaine progresse et Interpol est contacté : l'étau se resserrant autour de Elmyr, Legros décide de l'envoyer en Australie pendant une année.
En 1966, le scandale devient public : toutes les toiles exécutées par Elmyr, ou du moins, celles vendues par le biais de Legros, se révèlent être des pastiches de peintres connus. L'une des victimes, le millionnaire texan Algur H. Meadows (en) (1899-1978), se retrouve avec 56 faux tableaux et fait poursuivre Legros. Elmyr quitte Ibiza mais Legros et Lessard sont bientôt arrêtés et inculpés. Elmyr se rend aux autorités espagnoles en août 1968 et écope de deux mois de prison pour homosexualité, les charges de faussaire n'ayant pas pu être retenues contre lui, la cour ne pouvant prouver si les faux tableaux ont été peints ou non sur le sol espagnol.
Pour sa défense, Elmyr rejeta la faute sur Lessard et Legros, arguant du fait qu'il n'était qu'un simple copiste et qu'il ignorait tout du trafic. Ce même argument servit à Lessard. Quant à Legros, il prétendit qu'il était de bonne foi. Elmyr fut extradé d'Espagne en octobre 1968.
Elmyr de Hory apparaît dans le documentaire Vérités et Mensonges de François Reichenbach et Orson Welles, consacré au monde des faussaires.
Un an plus tard, il est de retour à Ibiza et devient alors une célébrité. Son autobiographie, rédigée par Clifford Irving, un journaliste d'investigation alors très en vue, est publiée et connaît un certain succès. François Reichenbach et Orson Welles débarquent à Ibiza et filment Elmyr, pour un projet de documentaire qui deviendra Vérités et Mensonges : il y raconte comment ses tableaux trompèrent certains experts.
Au début des années 1970, Elmyr tente de vivre de son art sous son nom d'artiste mais bientôt, la justice française réclame durant plusieurs mois aux autorités espagnoles son extradition dans le cadre de l'affaire Legros.
En novembre 1976 il expose des toiles à la galerie privée Bruagut, galerie qui appartient au marchand d'art, et ami, Isidro Clot, aussi connu pour ses relations avec Salvador Dali.
C'est sa première exposition majeure en Espagne[6].
Le 11 décembre 1976, alors que Madrid est sur le point de livrer Elmyr à la police française, celui-ci avale une dose mortelle de somnifères et meurt dans les bras de son compagnon, Mark Forgy.
Van Meegeren ne reste pas sans se défendre devant ces attaques et étrille les critiques d'art dans un article agressif publié par son magazine De Kemphaan. Les critiques d'art l'ayant attaqué et brisé sa carrière, il subsiste en restaurant des tableaux anciens, qu'il doit parfois repeindre entièrement. Cela lui donne l'idée de fabriquer des faux tableaux de maîtres flamands. Il parvient à copier leur style et leurs couleurs avec une telle perfection que les méthodes d'authentification de l'époque ne permettent pas de déceler la fraude. Après avoir passé six ans à mettre au point ses techniques, il produit ainsi des imitations parfaites de peintures de Frans Hals, Pieter de Hooch, Gerard ter Borch et Johannes Vermeer, dont il vend son premier pastiche en 1934, la Femme lisant de la musique. Les meilleurs critiques d'art et experts de ce temps les considèrent comme des peintures authentiques et quelquefois géniales, à l'exception d'Abraham Bredius qui, s'opposant à Cornelis Hofstede de Groot, décrète que le Lachende Cavalier (« Cavalier riant ») de Frans Hals est un faux.
Fort de ses premiers succès, il quitte sa femme et ses enfants et part avec sa maîtresse Jo Oerlemans sur la Côte d'Azur à Roquebrune, où il installe un atelier pour y produire ses faux. Il se procure des pigments utilisés du temps de Vermeer, y compris des lapis-lazuli qu'il achète à Londres, ainsi que des tableaux sans importance du XVIIe siècle, dont il gratte la couleur pour ne conserver que le support d'époque. Il construit également un four pour y faire sécher ses toiles afin que la couleur et les craquelures les rendent indiscernables d'un tableau ancien.
Dans cette activité particulière, il s'attache principalement à la création de faux Vermeer. Sachant que Vermeer a peint des toiles d'inspiration religieuse durant sa jeunesse, van Meegeren a l'idée de peindre une toile perdue à caractère religieux de Vermeer. Sa toile Les Disciples d'Emmaüs (1937) trompe dans les années 1930 et 1940 les meilleurs experts. Pour y arriver, il achète des bois d'époque, vernit ses toiles et les place dans un four à 100-120 °C pour durcir la peinture, puis les enroule autour d'un bâton pour reproduire des craquelures. Enfin, il remplit les craquelures d'encre noire pour imiter la poussière accumulée. Pour parvenir à ces résultats, il expérimente durant quatre ans afin de tromper les investigations scientifiques. De plus, il utilise la technique des pointillés à laquelle Vermeer recourait surtout dans ses dernières œuvres.
Van Meegeren présente son tableau en 1937. Il se rend chez un avocat à qui il raconte l'histoire d'une vieille famille hollandaise propriétaire d’un château où étaient accrochés bon nombre de tableaux. On lui aurait confié la vente du tableau moyennant commission. L'avocat confie la toile à Abraham Bredius, expert d'art hollandais, qui déclare, après plusieurs jours d'étude, qu'il s'agit d'un authentique Vermeer, peint durant son hypothétique séjour en Italie et dont la production était considérée comme perdue. Son avis prévaut, malgré quelques doutes émis notamment par le galeriste Georges Wildenstein. Par la suite, van Meegeren peint six faux Vermeer et deux Pieter de Hooch, reconnus également comme authentiques.
C'est durant la Seconde Guerre mondiale que van Meegeren connaît l'apogée de sa carrière : ses peintures sont accrochées dans les musées et ses chefs-d'œuvre sont célébrés dans le monde entier. La vente de ses faux est facilitée par l'occupation allemande aux Pays-Bas. De riches Néerlandais, voulant empêcher que les œuvres d'art de leur pays tombent aux mains d'Adolf Hitler et de membres du parti nazi, achètent ses imitations. Un faux « Vermeer », œuvre de Han van Meegeren, Le Christ et la parabole de la femme adultère, se trouve néanmoins en possession d'Hermann Göring, qui a proposé en échange 200 toiles saisies dans les musées de Hollande. Un livre sur Gerard Terborch publié en 1943 porte une dédicace imprimée : « Aan HAN VAN MEEGEREN /Den Kenner en bewonderaar/ van Terborch's edele kunst » (« À Han van Meegeren le connaisseur et admirateur du noble art de van Terborch »).
Après la Seconde Guerre mondiale, les Forces alliées découvrent ce « Vermeer » et son véritable auteur est arrêté pour avoir collaboré avec les Allemands, car on croit réellement qu'il a vendu aux nazis et à Hermann Göring un trésor culturel de son pays. Van Meegeren proteste en faisant remarquer qu'il a plutôt échangé son tableau contre 200 œuvres saisies par les nazis. Mais comme il a cédé ce qu'on croit être un authentique Vermeer et qu'un tel crime est passible de la peine capitale, van Meegeren préfère avouer la falsification et entreprend de se disculper en peignant un autre « Vermeer », Jésus et les Docteurs, dans sa cellule, en présence de six témoins.
À la suite d'une enquête détaillée, menée par des experts internationaux commissionnés par la cour régionale de justice d'Amsterdam, il est confirmé que la peinture de Göring ne peut pas dater de l'Âge d'or néerlandais et qu'elle est en réalité un faux. Han van Meegeren n’est plus voué aux gémonies comme collaborateur, mais célébré par le public néerlandais comme un escroc subtil, dont les faux ont réussi à duper à la fois les experts et le très détesté Hermann Göring.
La cour régionale de justice d'Amsterdam n'en condamne pas moins Han van Meegeren à la peine minimale (un an de prison), pour faux et tromperie. Van Meegeren ne l'accomplira pas car le 26 novembre 1947, dernier jour pour faire appel de la décision de justice, il est victime d'une crise cardiaque et envoyé à la Valeriuskliniek, un hôpital d'Amsterdam, où il meurt le 30 décembre 1947.
Elmer de Hory
Contrairement à ce qu'il affirma à son biographe, Elemér Albert Hoffmann est né de parents appartenant à la communauté juive des environs de Budapest; son père était grossiste en objets manufacturés, et non pas membre de l'aristocratie austro-hongroise.
Âgé de dix-huit ans, il part s'installer à Munich, intégrant l'Akademie Heinmann, une école d'art réputée, pour y étudier la peinture classique. En 1926, il vient à Paris et s'inscrit à l'académie de la Grande Chaumière où il reçoit les cours de Fernand Léger.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Hongrie : proche d'un journaliste britannique, il est alors suspecté d'espionnage et enfermé dans une prison politique située en Transylvanie. Exécutant le portrait du commandant, celui-ci le remet en liberté. Il est alors arrêté par les Allemands et envoyé dans un camp de concentration pour son homosexualité] Elmyr ayant réussi à prouver qu'il était, non pas juif, mais de confession calviniste. Selon Irving, à la libération, il aurait été transféré dans un hôpital militaire berlinois, soigné, puis renvoyé en Hongrie. De là, il décide de revenir s'installer à Paris et de vivre de sa peinture.
Durant les années 1946-47, il s'associe à un galeriste parisien nommé Jacques Chamberlain avec lequel il voyage en Europe et en Amérique du Sud, revendant de faux dessins de Picasso. Floué par Chamberlain, Elmyr part s'installer aux États-Unis où il aurait essayé de vivre de son art. Bientôt, il se met à fabriquer de faux Modigliani, Matisse et Renoir qu'il revend à des galeries américaines par voie postale, utilisant de multiples fausses identités dont Louis Cassou, Joseph Dory, Joseph Dory-Boutin, Elmyr Herzog, Elmyr Hoffman… Au début des années 1950, il s'installe à Miami.
En 1955, le Fogg Art Museum lui achète plusieurs Matisse et quelque temps après, les autorités découvrent qu'ils sont faux : une enquête est alors diligentée. Cette même année, Joseph W. Faulkner, courtier en art basé à Chicago, porte plainte contre lui pour faux et usage de faux. Recherché au niveau fédéral, Elmyr s'enfuit au Mexique, puis réussit à revenir aux États-Unis après avoir payé une forte somme à un avocat.
Pour survivre, il fait du porte à porte, vendant des lithographies. Dépressif, il tente de mettre fin à ses jours. Durant un séjour à l'hôpital, il rencontre le marchand d'art français Fernand Legros qui le prend alors sous sa protection. Devenus amants et vivant à Miami, Elmyr et Legros mettent sur pieds un trafic de faux tableaux, inondant le marché européen dans les années 1960 et 1970[3]. En 1958, le couple est rejoint par un jeune canadien, Réal Lessard, capable d'exécuter des copies de maîtres à la perfection. En 1959, Elmyr décide de retourner seul en Europe.
En 1962, grâce à l'argent de Legros, Elmyr s'installe à Ibiza. En 1964, l'enquête américaine progresse et Interpol est contacté : l'étau se resserrant autour de Elmyr, Legros décide de l'envoyer en Australie pendant une année.
En 1966, le scandale devient public : toutes les toiles exécutées par Elmyr, ou du moins, celles vendues par le biais de Legros, se révèlent être des pastiches de peintres connus. L'une des victimes, le millionnaire texan Algur H. Meadows (en) (1899-1978), se retrouve avec 56 faux tableaux et fait poursuivre Legros. Elmyr quitte Ibiza mais Legros et Lessard sont bientôt arrêtés et inculpés. Elmyr se rend aux autorités espagnoles en août 1968 et écope de deux mois de prison pour homosexualité, les charges de faussaire n'ayant pas pu être retenues contre lui, la cour ne pouvant prouver si les faux tableaux ont été peints ou non sur le sol espagnol.
Pour sa défense, Elmyr rejeta la faute sur Lessard et Legros, arguant du fait qu'il n'était qu'un simple copiste et qu'il ignorait tout du trafic. Ce même argument servit à Lessard. Quant à Legros, il prétendit qu'il était de bonne foi. Elmyr fut extradé d'Espagne en octobre 1968.
Elmyr de Hory apparaît dans le documentaire Vérités et Mensonges de François Reichenbach et Orson Welles, consacré au monde des faussaires.
Un an plus tard, il est de retour à Ibiza et devient alors une célébrité. Son autobiographie, rédigée par Clifford Irving, un journaliste d'investigation alors très en vue, est publiée et connaît un certain succès. François Reichenbach et Orson Welles débarquent à Ibiza et filment Elmyr, pour un projet de documentaire qui deviendra Vérités et Mensonges : il y raconte comment ses tableaux trompèrent certains experts.
Au début des années 1970, Elmyr tente de vivre de son art sous son nom d'artiste mais bientôt, la justice française réclame durant plusieurs mois aux autorités espagnoles son extradition dans le cadre de l'affaire Legros.
En novembre 1976 il expose des toiles à la galerie privée Bruagut, galerie qui appartient au marchand d'art, et ami, Isidro Clot, aussi connu pour ses relations avec Salvador Dali.
C'est sa première exposition majeure en Espagne[6].
Le 11 décembre 1976, alors que Madrid est sur le point de livrer Elmyr à la police française, celui-ci avale une dose mortelle de somnifères et meurt dans les bras de son compagnon, Mark Forgy.
Han van Meegeren
Han van Meegeren, né Henricus Antonius van Meegeren le 10 octobre 1889 à Deventer et mort le 30 décembre 1947 à Amsterdam, est un peintre, restaurateur d’œuvres d’art et célèbre faussaire néerlandais.
Très tôt encouragé par son professeur Bartus Korteling, il développe une passion pour la peinture et s’intéresse particulièrement aux couleurs et aux techniques des peintres de l’Âge d’or néerlandais. Korteling lui apprend même à fabriquer ses pigments selon des méthodes anciennes. Toutefois, son père s’oppose à sa vocation artistique et l’oblige à étudier l’architecture à la Hogeschool de Delft. Van Meegeren abandonne rapidement ces études et se lance dans une carrière de peintre, avec un certain succès initial.
Ses débuts attirent l’attention : en 1913, il reçoit une médaille d’or et, en 1917, il organise une exposition personnelle à La Haye où toutes ses œuvres sont vendues. Cependant, sa seconde exposition en 1922 est un échec retentissant. Les critiques d’art jugent son travail fade et imitateur, ce qui entraîne son exclusion progressive du monde artistique officiel.
Blessé par ces attaques, van Meegeren s’en prend violemment aux critiques dans son magazine De Kemphaan. Pour survivre, il se tourne vers la restauration de tableaux anciens, activité qui lui donne l’idée de fabriquer de faux tableaux de maîtres. Après plusieurs années d’expérimentation, il parvient à imiter avec une grande précision le style de peintres flamands tels que Frans Hals, Pieter de Hooch ou Johannes Vermeer. Les techniques d’authentification de l’époque ne permettent pas de détecter la fraude.
Dans les années 1930, il se spécialise dans les faux Vermeer. Son tableau Les Disciples d’Emmaüs (1937) est reconnu comme authentique par de grands experts, dont Abraham Bredius. Fort de ce succès, il produit plusieurs autres faux, exposés dans des musées et admirés dans le monde entier.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la notoriété de van Meegeren atteint son apogée. Ses tableaux circulent facilement grâce au chaos de l’occupation allemande. L’un de ses faux Vermeer, Le Christ et la femme adultère, est même acquis par Hermann Göring.
Après la guerre, cette vente lui vaut d’être accusé de collaboration avec les nazis. Pour éviter la peine de mort, van Meegeren avoue être le faussaire et prouve ses dires en peignant un nouveau « Vermeer » sous surveillance. Les experts confirment la supercherie. Il est alors condamné à un an de prison pour fraude, mais meurt d’une crise cardiaque avant de purger sa peine.
Elmyr de Hory
Elmyr de Hory, de son vrai nom Elemér Albert Hoffmann, est né près de Budapest dans une famille juive. Contrairement à ce qu’il affirma plus tard, il n’était pas issu de l’aristocratie. Très jeune, il part étudier la peinture classique à Munich, puis s’installe à Paris où il suit les cours de Fernand Léger.
Avant la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Hongrie et connaît une période trouble : soupçonné d’espionnage, emprisonné, puis interné par les nazis, notamment en raison de son homosexualité. Après la guerre, il revient à Paris et tente de vivre de sa peinture.
À partir de la fin des années 1940, il se lance dans la fabrication de faux dessins et tableaux, notamment de Picasso, Matisse, Modigliani et Renoir. Il utilise de nombreuses identités et vend ses œuvres à des galeries américaines. Dans les années 1950, plusieurs musées découvrent la supercherie, ce qui déclenche des enquêtes judiciaires.
Protégé un temps par le marchand d’art Fernand Legros, Elmyr participe à un vaste trafic de faux tableaux qui inonde le marché européen dans les années 1960. Le scandale éclate publiquement en 1966. Bien que Legros et ses complices soient arrêtés, Elmyr échappe en grande partie aux poursuites, faute de preuves suffisantes.
Devenu célèbre, il apparaît dans le documentaire Vérités et Mensonges d’Orson Welles et publie une autobiographie à succès. Malgré cette notoriété, il reste menacé par des procédures judiciaires. En décembre 1976, alors qu’il risque une extradition vers la France, Elmyr de Hory se suicide à Madrid.
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