vendredi 22 janvier 2016

Pour contourner le politiquement correct...ou petit manuel de disruption tempérée


Et oui, cela devient le problème de notre temps, ne plus pouvoir dire grand chose de signifiant!

La moindre offense sur telle ou telle catégorie de personne, le moindre mot imprudemment utilisé est retourné "façon boomerang" contre l'expéditeur imprudent. Parfois, il s'agit d'authentique gaffe, mais parfois il s'agit d'un réel "travestissement" de la pensée exprimée par l'autre. 

La première situation est superbement traitée par Philip ROTH  dans "la Tâche"




difficile alors de s'en dépêtrer: seule une sublime contrition à l'anglo-saxonne peut absoudre le pénitent sincère...encore faut il que le timing soit bon...sinon adieu, et la personne est jetée dans les oubliettes de la culture.

Le second cas est de loin, le plus fascinant: soit vous êtes d'un bord et vos propos viennent bousculer vos coreligionnaires qui ne demandent qu'à trouver un bouc émissaire à leurs propres contradictions...et là, façon René Girard, vous vous retrouvez sur le bûché des faux-culs  (Michel Onfray). 



Ou bien, sublime perversité, vous étiez déjà déviant, inclassable, et c'est tout juste si votre acte ne fait pas de vous une sorte de fou génial et imprévisible...mais vous montez encore plus dans le firmament des médias amnésiques (Houellebecq).  Encore que dans ce cas, il ne faut pas y aller trop trop fort sinon, de poil à gratter vous devenez gale, et là les flammes de l'enfer vous attendent (Dieudonné).

Il vous reste aussi la position du vieux sage, asocial patent et réactionnaire breveté (jadis Cioran, que Finkelkraut pourrait un jour bien remplacer)

Donc vous connaissez les chemins, à vous de choisir votre destin!

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