mercredi 11 mars 2015

Attention la "Censure" peut cacher des intentions peu esthétiques...




photo Villa Tamaris Pacha, La Seyne sur mer  83
(patrimoinevarois.e-monsite.com)

Spécial Copinage

Ras le bol...Oui, j'en ai marre que des types "bien" soient attaqués sur un mauvais terrain, et que leur "probité" intellectuel ou morale soit prise en otage!   (Télérama, France inter, Var Matin, etc.)


Ce n'est pas un ami, mais quelqu'un que je connais bien et que je respecte à la fois sur le plan professionnel, comme sur le plan humain. Comme moi,  c'est un curieux de nature, grand amoureux de l'art et notamment de la figuration narrative, mais aussi spécialiste du roman policier, bien noir,  de jazz  (il organise un festival), et enfin fin connaisseur de la piraterie.

Robert Bonaccorsi est un homme cultivé, sans être élitiste, et c'est un homme très fin et habile, malgré une apparence de boucanier de la rade de Toulon et de La Seyne.

Voilà donc pour l'homme qui est pris dans une tourmente bien injuste que je souhaite démonter, car elle me rappelle une autre affaire où les mêmes bonnes personnes, "culturellement impeccables", avaient également crié "au loup!".

Un certain jour de 2001, notre actuel centre d'art (l'Hôtel des Arts) était dirigé par une conservatrice, venant de l'état (c'est important), qui avait, comme il se doit, fait des propositions à la commission culture du département. Mais l'état n'a pas habitué ni formé ses conservateurs à soumettre leurs choix à d'autres personnes, et encore moins à des élus  qui sont jugés par nature incapables de saisir la moindre parcelle de culture et encore moins d'art contemporain. Donc toutes les expositions proposées pour l'année ont été validées  sauf une (soit 4 sur 5). L'un des artistes proposés (je ne souviens plus du nom) avait réalisé des oeuvres avec de la chair animale en lambeaux. Elle n'avait pas compris que leur décision n'était en rien esthétique, mais que eux seuls sont "juges" de l'opportunité  et de l'impact de leur centre d'art.  Madame le conservateur avait alors crié à la censure...le mot "terrible" était lâché!

2015: rebelote, je revis la même situation  avec la réaction de Mounir Fatmi, pour le non-choix par Robert de son oeuvre "Sleep Al Naim" qui reprend une idée d'Andy Warhol en hommage à Salman Rushdie (très culturellement "correct" tout cela).  C'est quand même au directeur qui est en plus le commissaire (mot bien choisi) d'exposition de décider des oeuvres qui résonnent ensembles et qui racontent une histoire cohérente. Et voilà Robert piégé, quand l'artiste vexé emploie l'arme de vengeance atomique: la "censure"!

Bien du bruit pour...une oeuvre soporifique (oui, je sais, c'était trop facile)...mais surtout il faut arrêter de galvauder le mot et la chose, de crainte que la véritable censure, sur des oeuvres d'une réelle portée ne s'exerce dans le buzz et le brouhaha de ce monde qui comme le disait Yves Michaud crée désormais de "l'Art à l'état gazeux".

Courage, Robert, et continue à nous monter de belles expositions!

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