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Articles

   Les grands romans repris en Bande Dessinée ne connaissent pas toujours un sort heureux...  "Le premier homme" de Jacques Ferrandez d'après l'oeuvre d'Albert Camus s'en sort avec tous les honneurs:  l'illustration est sobre et fidèle et le texte est bien mis en valeur par cette ambiance à la fois réaliste et nostalgique. la vision de son Algérie par Camus est restituée avec toute sa beauté, sa douleur, et la dureté du soleil et des hommes et femmes qui y vivent. Une Algérie âpre et humaine, si bien illustrée par un trait précis, fin, délicat, sans fioritures excessives ni pathos outrancier. Les couleurs sont dans une dominante ocre et grise pour rendre le sentiment partagé de Camus sur sa terre et ses habitants.  De la belle ouvrage!

Sapiens... ou les mystères du succès

Sapiens, une brève histoire de l'humanité Ce n'est pas, entendons nous bien, que le livre de Yuval Noah Harari (entre nous on l'appellera YNH) soit mauvais, mais de là à expliquer cet incroyable succès mondial il y a plus d'un rame de papier. Le livre est plutôt bien écrit, dans uns style simple et efficace.   Mais l'important réside dans le fond, dans les idées que véhiculent ce bouquin. Les 200 premières pages reposent sur la thèse que nous, sapiens, aurions été plus "heureux" en restant fourrageurs qu'en devenant agriculteur plus par mimétisme que par conviction. Dès ce choix opéré, nous avons échangé notre liberté contre une fallacieuse sécurité qui nous a enchaîné à nos mythologies naissantes.  Plus loin dans son ouvrage il pose des questions qui ne sont pas sans fondement sur l'histoire, sur la religion, sur la science et la technologie  et sur le progrès.  Aux mythologies qu'il dénonce il oppose comme un autre plan qui...

Kan Takahama ou méfiez vous de l'eau qui dort!

                     A la fête du livre à Toulon, j'ai fait une rencontre plus déconcertante qu'étonnante à y bien réfléchir!                      Une jeune japonaise, toute frêle et timide qui se nomme Kan Takahama, y est présente. Jusque là, rien de particulier. Mon envie de baragouiner japonais (et encore "baragouiner" serait plutôt élogieux au regard de quelques mots maladroits) m'a attiré vers son emplacement de dédicace. Il y a là son interprète en grande discussion avec un journaliste...j'en profite, et je glisse quelques politesses, et je me présente à la japonaise...longuement. Quelques baragouinages plus tard, aidé de l'interprète je lui raconte l'histoire de ma famille et nos liens étroits avec l'empire du soleil levant.                           Elle me raconte ses origines, sa ville, sa provi...

Comment parler de l'identité nationale...risqué mais assez réussi

Déjà,  que les éditions de "La Découverte" publie une bédé est assez inattendu...  ... mais que cette bédé parle d'un sujet aussi clivant et peu consensuel que l'identité est franchement un saut périlleux dans l'inconnu culturel. Etienne Davodeau   Sylvain Venayre  "La Balade Nationale"   (photo Culturebox) A la fois le support bédé et l'histoire de ces "morts célèbres vivants" permet de décaler un débat aussi passionné.  Edmond Michelet, Jeanne d'arc, Molière, le général Dumas, Marie Curie et un personnage un peu maudit qui reste dans son cercueil partent en randonnée historique à travers la France pour tordre le coup aux fausses idées sur nos origines et remettre tout cela en perspective.  C'est vif, intelligent, bien écrit. Par moment c'est un peu bavard mais il faut bien dérouler cette difficile entreprise de "lucidité" nationale. Une phrase du livre résume bien cette jolie expérience pour décris...

La revanche de Caroline

Ayons le triomphe modeste et réjouissons nous simplement que les hypocrites et les faux-nez apparaissent en plein jour...le reste a peu d'importance. Merci Caroline pour ton courage et ta pugnacité contre tous ces revendeurs de haine et ces malhonnêtes du cortex. Voici à quoi elle a été confrontée depuis plusieurs années: Publié le 16 septembre 2015  par le soit disant "Observatoire du journalisme" mystérieuse officine qui roule pour des forces obscures et qui restent cachées. Médias Caroline Fourest est décidément indécrottable. On se souvient de sa chronique (aujourd’hui culte) dans laquelle elle affirmait, après avoir vu sur Internet une photo de trois militaires ukrainiens aux yeux bandés, que des militaires pro-russes leur avaient «  arrachés au couteau les globes oculaires  ». Cela lui avait valu un rappel à l’ordre du CSA qui lui demandait de «  faire preuve de davantage de vigilance et de rigueur  » dans son travail. Q...

...Vous avez dit disruptif?

Ce livre ne ressemble à nul autre.  Un style concis et bien sage, de jolies petites phrases simples et efficaces...non, la révolution n'est pas là! Un titre banal, discret, ce roman s'appelle "La tanche" Son auteur est hollandaise, à l'allure tranquille, à la mine apaisante. Et pourtant! Si "La tanche" est si perturbant, c'est pour son histoire, pour son héros. Il est jeune, il est solitaire, il a une maman trop attentionnée: jusque là, c'est le portrait de milliers de jeunes dans notre société, sauf que celui ci est soupçonné de pédophilie, en cours d'enquête, et sous traitement chimique.  Comme la procédure s'est un peu enlisée, il est relâché, retourne chez sa mère.  Le roman nous fait partager son quotidien. Nous vivons avec lui l'intimité d'un pseudo pédophile. Tout est délicat: une peinture par petites touches. Une aquarelle.  Derrière son apparente vie paisible, on ressent toute la violence rentrée, no...

Airy Routier, champion des bas instincts?

                    Airy ROUTIER L'homme est journaliste, il a été rédacteur en chef de l'Obs...depuis ses participations sont plus droitières mais qu'importe. Il m'avait déjà navré il y a quelques années avec un article paru dans le Nouvel Obs qui était une défense en règle des grosses cylindrées et notamment des 4x4, attaqué par le Boboland et le politiquement correct. Cela peut être une opinion, à la limite un combat, encore eût il fallu que les arguments soient convaincants; or, non, c'était une synthèse de "beaufitude" attristante. Bon, vu l'impact, j'avais ignoré l'article, le monsieur et ses thèses.  Mais là, comment rester coi devant  ce bouquin malodorant comme ses bagnoles et ses thèses bancales.  "Notre Drame de Paris" est un réquisitoire plus affligeant pour son ou ses auteurs (Mme Lebrun) que pour Anne Hidalgo. L'homme qui se targue de rouler sans permis donne des leçons de morale et de citoyenneté: je...