MMMMMmmmmmmmmm...et bien oui, ne reculant devant aucun risque, votre serviteur va aussi aborder cette polémique et mettre les pieds dans le plat (comment résister?).

Lettre aux pétitionnaires anti Mcdo du Salon de Montreuil,
C'est non seulement parce que j'avoue aimer un peu (beaucoup) la provoc que ce sujet m'inspire, mais surtout parce que malgré ses allures anecdotiques, il est au coeur de nos métiers de culture et de l'art!
Par rapport à mon article précédent j'y ai retrouvé tous les ingrédients (métaphore culinaire) du délit de sale gueule. Mais bon, c'est facile d'attaquer une multinationale aussi mal connotée quand on est "cultureux" c'est même presque obligatoire (comme un réflexe de Pavlov) et c'est ce côté évident, réflexe qui m'alerte...
Ce petit débat qui semble marginal interroge en fait nos limites, nos points de rupture, notre honnêteté intellectuelle et nos motivations: vous voyez, ce n'est pas rien!
Où doit on placer la barre de la valeur culturelle d'un objet (livre, oeuvre plastique, vidéo, etc.)?
Quel degré de rêverie ou de réflexion, ou d'émotion faut il pour porter la noble notion d'objet culturel. Pourquoi valider "le seigneur des anneaux" et refuser "game of thrones"?
Pourquoi louer ce bon vieil "Alice au pays des merveilles" et faire la fine bouche sur "Harry Potter"?
J'ai peur que la réponse soit si évidente, qu'elle ne plaise pas à tout le monde. Pire que le délit de sale gueule pour un acteur culturel, il y a le délit de réussite. Je raconte souvent cette histoire, mais je vais recommencer car elle est édifiante:
Lorsque j'étais directeur de la BDP du Var, je me suis rendu à un colloque sur l'édition indépendante à la BDP de Marseille. Il y avait des tables rondes avec de doctes représentants de "l'édition indépendante".
De quoi s'agit'il? Vous allez comprendre!
L'un d'eux, aimable personne, nous raconte ce qu'il publie et tout à coup, il nous parle d'un ouvrage qui a eu un succès imprévu et qu'il a "du" tirer à 20.000 exemplaires. Mais heureusement ajouta t il aussitôt sans aucun humour, cela ne s'est pas reproduit...(sous entendu: sinon, je serais devenu "suspect" auprès de mes pairs).
Cet incroyable discours m'a alors ouvert mes yeux sur l'aveuglement de ce milieu culturel.
Aussi, le procès en illégitimité fait à Mcdo est la suite logique de cet état d'esprit: sectarisme, microcosme, élitisme, petit nombre, réservé à ceux qui "savent"...

Chaque semaine, je fais des ateliers dans différentes écoles de quartiers sensibles de Toulon. Et là dans des CM1 ou CM2 j'entend les maitresses ou les maitres me répéter que leurs "gamins" lisent de moins en moins et plus grave que leur imagination semble se rétrécir de plus en plus. Mcdo diffuse depuis 3 ans une collection constituée chez Hachette par Marc Levy (auteur illégitime par excellence). Les bouquins ont été distribués à 40 millions d'exemplaires et Mcdo a organisé 650 ateliers de lecture. Donc n'en déplaise aux nobles esprits comme Claude Ponti qui pétitionnent contre la présence de Mcdo au Salon de Montreuil, toute incitation à la lecture est bonne à prendre et le débat sur mauvais livre ou bon livre est dépassé. Perso, j'ai commencé à lire non pas grâce à Jules Verne ou à St Exupery (c'eût été chic) mais plutôt à "Blek le rock" et "Battler Britain" (les vrais connaisseurs s'en souviendront). Donc je repousse les arguments de "pureté culturelle" de Monsieur Ponti et consorts car il y a urgence!
Venez, cher Claude Ponti, je vous invite à mes ateliers pour joindre votre talent et aider nos petites têtes de toutes les couleurs a avoir un bel imaginaire qui sortira des clichés que la télé et les jeux vidéos leur injectent en nourriture prédigérée. Ne vous trompez pas de cible et servez vous de l'argent (même si il vient de la malbouffe) pour lutter contre le véritable ennemi de la culture qui est l'appauvrissement de l'imagination.
Cordialement Gerry Bouillaut (un simple médiateur qui n'a pas de certitudes, mais qui n'aiment les présupposés, les apriori, les clichés de la bien-pensée, les ayatollahs culturels de tout bord.)
PS Guillaume Maurice m'a déçu en reprenant sans barguiner votre argumentaire...mais bon, il n'aura su sortir de sa zone de confort, c'est hélas fréquent dans un monde où on dénonce tout azimut avant de vraiment réfléchir aux problèmes... (Y a t il une allusion qui déborde la culture?)

Lettre aux pétitionnaires anti Mcdo du Salon de Montreuil,
C'est non seulement parce que j'avoue aimer un peu (beaucoup) la provoc que ce sujet m'inspire, mais surtout parce que malgré ses allures anecdotiques, il est au coeur de nos métiers de culture et de l'art!
Par rapport à mon article précédent j'y ai retrouvé tous les ingrédients (métaphore culinaire) du délit de sale gueule. Mais bon, c'est facile d'attaquer une multinationale aussi mal connotée quand on est "cultureux" c'est même presque obligatoire (comme un réflexe de Pavlov) et c'est ce côté évident, réflexe qui m'alerte...
Ce petit débat qui semble marginal interroge en fait nos limites, nos points de rupture, notre honnêteté intellectuelle et nos motivations: vous voyez, ce n'est pas rien!
Où doit on placer la barre de la valeur culturelle d'un objet (livre, oeuvre plastique, vidéo, etc.)?
Quel degré de rêverie ou de réflexion, ou d'émotion faut il pour porter la noble notion d'objet culturel. Pourquoi valider "le seigneur des anneaux" et refuser "game of thrones"?
Pourquoi louer ce bon vieil "Alice au pays des merveilles" et faire la fine bouche sur "Harry Potter"?
J'ai peur que la réponse soit si évidente, qu'elle ne plaise pas à tout le monde. Pire que le délit de sale gueule pour un acteur culturel, il y a le délit de réussite. Je raconte souvent cette histoire, mais je vais recommencer car elle est édifiante:
Lorsque j'étais directeur de la BDP du Var, je me suis rendu à un colloque sur l'édition indépendante à la BDP de Marseille. Il y avait des tables rondes avec de doctes représentants de "l'édition indépendante".
De quoi s'agit'il? Vous allez comprendre!
L'un d'eux, aimable personne, nous raconte ce qu'il publie et tout à coup, il nous parle d'un ouvrage qui a eu un succès imprévu et qu'il a "du" tirer à 20.000 exemplaires. Mais heureusement ajouta t il aussitôt sans aucun humour, cela ne s'est pas reproduit...(sous entendu: sinon, je serais devenu "suspect" auprès de mes pairs).
Cet incroyable discours m'a alors ouvert mes yeux sur l'aveuglement de ce milieu culturel.
Aussi, le procès en illégitimité fait à Mcdo est la suite logique de cet état d'esprit: sectarisme, microcosme, élitisme, petit nombre, réservé à ceux qui "savent"...

Chaque semaine, je fais des ateliers dans différentes écoles de quartiers sensibles de Toulon. Et là dans des CM1 ou CM2 j'entend les maitresses ou les maitres me répéter que leurs "gamins" lisent de moins en moins et plus grave que leur imagination semble se rétrécir de plus en plus. Mcdo diffuse depuis 3 ans une collection constituée chez Hachette par Marc Levy (auteur illégitime par excellence). Les bouquins ont été distribués à 40 millions d'exemplaires et Mcdo a organisé 650 ateliers de lecture. Donc n'en déplaise aux nobles esprits comme Claude Ponti qui pétitionnent contre la présence de Mcdo au Salon de Montreuil, toute incitation à la lecture est bonne à prendre et le débat sur mauvais livre ou bon livre est dépassé. Perso, j'ai commencé à lire non pas grâce à Jules Verne ou à St Exupery (c'eût été chic) mais plutôt à "Blek le rock" et "Battler Britain" (les vrais connaisseurs s'en souviendront). Donc je repousse les arguments de "pureté culturelle" de Monsieur Ponti et consorts car il y a urgence!
Venez, cher Claude Ponti, je vous invite à mes ateliers pour joindre votre talent et aider nos petites têtes de toutes les couleurs a avoir un bel imaginaire qui sortira des clichés que la télé et les jeux vidéos leur injectent en nourriture prédigérée. Ne vous trompez pas de cible et servez vous de l'argent (même si il vient de la malbouffe) pour lutter contre le véritable ennemi de la culture qui est l'appauvrissement de l'imagination.
Cordialement Gerry Bouillaut (un simple médiateur qui n'a pas de certitudes, mais qui n'aiment les présupposés, les apriori, les clichés de la bien-pensée, les ayatollahs culturels de tout bord.)
PS Guillaume Maurice m'a déçu en reprenant sans barguiner votre argumentaire...mais bon, il n'aura su sortir de sa zone de confort, c'est hélas fréquent dans un monde où on dénonce tout azimut avant de vraiment réfléchir aux problèmes... (Y a t il une allusion qui déborde la culture?)
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