De quoi Juan Branco est il le symbole?
A la lecture de son opus "Crépuscule", qui "caracole" (d'autant qu'un livre aille au galop) en tête des ventes, je me suis demandé de quoi il était révélateur, tellement cet ouvrage écrit à la hache, me paraissait d'un autre temps?
De Mirabeau au "Crapouillot" et du marquis de Sade à Henri Rochefort, ces petits ouvrages avaient en commun une immense mauvaise foi pour tordre les faits au gré de leur idées, mais aussi et souvent un certain style et du talent. Juan Branco respecte la première condition, mais il est étranger à la seconde.
Au XIX siècle les pamphlétaires avaient pour excuse que toute l'information était passé au crible du pouvoir, et que les media se limitaient à des "feuilles de choux" toutes aussi dépendantes, voire plus que nos media actuels des lobby financiers dénoncés par notre auteur.
Que vient faire ce bon Denis Robert que j'admire pour son hygiénique travail sur les ombres noires du Grand Duché, dans cette galère, qui n'est ni journalistique (pas de sources énoncées, pas de contacts cités, uniquement des assertions péremptoires) ni universitaire (aucune distance, un ramassis de ragots et de ressentis personnels). Tout le monde a droit à l'erreur, aussi cher Denis je ne vous accable pas!
En revanche, que notre avocat des grandes causes planétaires (Julian Assange et Wikileaks) se trouve un terrain de combat au détriment de notre intelligence est un abus qui doit être dénoncé.
Je me dois de vous restituer toute l'histoire de mon rapport à ce livre. Mon grand frère, artiste peintre, vit en Grèce depuis 25 ans et n'ayant pas beaucoup de ressources, il me demande de temps en temps de lui expédier un bouquin dont il a entendu parler. Juan Branco semblait le passionner...il l'avait découvert par YouTube et ses critiques acerbes de Macron. J'achète donc pour lui "Crépuscule" et au passage j'entreprends de le lire. La critique, fut ce sous la forme d'un pamphlet, aurait pu trouver grâce à mes yeux...sauf que, au fil de ma lecture, en plus de la mauvaise foi, inhérente à ce style, j'y ai remarqué des larges imprécisions, des remarques de comptoir, et plus grave des règlements de compte personnels comme avec le jeune ministre Gabriel Attal, ou avec le système dont l'auteur est lui même issu.
L'argumentation centrale (s'il y en a une?) tourne autour des liens entre Emmanuel Macron et certaines puissances de l'argent. Là, je me dis, mais Juan Branco est il aussi innocent qu'il le laisse paraître? De Pompidou à Mitterand et de Chirac à Sarkozy, toute l'histoire de la Vème république a été marquée par des scandales d'Etat, plus ou moins révélés, et même si le nouveau jeune Président a déclaré vouloir rompre avec les pratiques de "l'ancien monde", seuls les naïfs auraient pu y croire...Juan Branco n'est pas et de loin un naïf.
Des preuves étonnantes:
3 "ennemis" principaux, en dehors de Macron: Attal, Séjourné, Emelien. Il leur reproche d'être "arrivés" malgré une éloquence incertaine et une insupportable "assurance de classe".
Delahousse est né à Amiens, donc par voie naturelle, il est soutien de Macron et idolâtre.
Donc voilà mon sentiment par rapport à ce non-ouvrage, et ce qui m'a mis le plus en colère c'est de voir ce livre devancer celui de Cyrulnik en tête des ventes...mais depuis, ouf, cela s'est inversé!

Commentaires
Enregistrer un commentaire