Toute crise révèle quelque chose de nous et produit des effets négatifs et positifs
Je vous ai déjà parlé de mon sentiment ambivalent par rapport au mouvement des "gilets jaunes", en vous expliquant que mes idées ne peuvent approuver des revendications qui vont en arrière, mais que mon coeur a mal ressenti tout le mépris pour cette révolte sincère...bref pas simple de se confronter à ce mouvement!
Il y a quand même un autre sentiment que j'ai confusément éprouvé: une fierté certaine d'être dans un pays qui sait se révolter contre ce qu'il ressent comme une injustice.
Aux USA, placés dans la même frustration, les "gens du bas" ont élu un démagogue de la pire espèce, qui avait pour seule vertu de donner des boutons à l'establishment.

En Italie la colère populaire aboutit à l'alliance de la carpe et du lapin:

Au Japon, on courbe la tête, on subit, au pire on se suicide.
Donc vous l'avez compris, je ressens une certaine fierté à voir ce peuple qui bouge encore et exprime son ras le bol, fusse de façon maladroite, et malgré les récupérations des forces populistes.
Je me dis: tout n'est pas désespéré!
Vous direz que c'est mon côté incroyablement optimiste que de voir une grande énergie dans cette révolte qui vient de loin, de notre mépris, d'une marche forcée vers une autre société plus individualiste moins sociale. Et en même temps, tous ces gens qui ne savent pas que si ils allaient voir les autres systèmes en vigueur à l'étranger, ils apprécieraient davantage le leur! Mais bon, comme disait Gramsci "la vérité n'est pas toujours révolutionnaire, camarades". L'essentiel n'est pas d'avoir raison, l'essentiel c'est qu'un grand nombre partage votre avis.
La culture, notre matrice, a pour obligation de travailler à un nouveau projet, à un nouveau consensus, c'est uniquement à ce prix, que nous pourrons recréer du lien...sinon, à quoi servons nous?
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