Le
Livre d’artiste est un objet culturel difficile à cerner…
De l’Ecole des Chartes à l’E.N.S.S.I.B, nous pourrons ouvrir
des pistes.
Un livre d’artiste
est un livre auquel un artiste plasticien a participé ou qu’il a entièrement
réalisé.
Un livre de peintre contient des compositions originales d’artistes plasticiens.
Un livre objet est un objet prenant l’apparence d’un livre, ou un livre qui présente des particularités pouvant le faire assimiler à un objet d’art.
Ces définitions ne sont pas toutes fixées et font l’objet de discussions.
Un livre de peintre contient des compositions originales d’artistes plasticiens.
Un livre objet est un objet prenant l’apparence d’un livre, ou un livre qui présente des particularités pouvant le faire assimiler à un objet d’art.
Ces définitions ne sont pas toutes fixées et font l’objet de discussions.
Le livre d’artiste
est au croisement entre l’univers du livre et celui des arts visuels. Il occupe
une place singulière,
la dernière en date, dans la longue histoire des rapports de l’artiste et du
livre, dont les étapes marquantes sont au Moyen-Âge les enluminures des
manuscrits, à la Renaissance l’apparition du livre illustré imprimé, et, au
tournant des XIX et XXe siècles, la naissance des livres illustrés par les
peintres, qui constituent un genre artistique autonome.
Bien, nous voici
mieux armés, mais le doute peut se produire à la lecture de l’avis des
plasticiens sur le même objet :
Nés
dans les années 1960 les livres d’artistes sont une des expressions de l’art
conceptuel, tant dans le propos que dans la forme des œuvres. Les artistes conceptuels
voulaient un art qui ne soit qu’une exploration de lui-même. Ils prêtaient
également attention au contexte et à la présentation de l’œuvre. En effet, le
choix du livre comme médium répond à un souci de forme et apporte de l’intérêt
au sens de l’œuvre. Si les artistes, depuis les années 1960, utilisent ce
médium, c’est parce qu’il peut toucher tout le monde, c’est un objet commun
proche du quotidien. On y est habitué, il y en a dans tous les foyers, toutes
les institutions. Cette utilisation du livre reflète donc un désir de se rendre
plus accessible, plus visible. Les livres d’artistes veulent donc être placés
au même statut que les autres livres. Dès sa naissance dans les années 1960 et
durant les quarante premières années du livre d’artiste, certains tel que Peter
Downsbrough ou encore Christian Boltanski, ne s’embarrassaient pas du circuit
éditorial classique. Ils passaient par des éditeurs occasionnels, souvent
galeristes, commissaires d’expositions ou encore critiques d’art, et
préféraient parfois même l’autoédition.
Contrairement
au livre, le livre d’artiste se veut maître de lui-même afin de pouvoir
exprimer au mieux sa réflexion. Les artistes étaient contre le tirage limité et
la numérotation, ils utilisaient des procédés peu coûteux et rapides telle que
la photocopie et proposaient parfois la gratuité de leurs livres. On voit ici
tout le sens du livre d’artiste : aller à l’encontre du système de l’art et de
son marché, exprimer une réflexion au travers d’un médium approprié et se
rendre accessible. Ils ont ainsi mis en route « une nouvelle façon de faire de
l’art » comme le dit Anne Moeglin-Delcroix..
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