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Art...Artistes : vaste sujet actuel

Le Palais de Tokyo   a l'excellente idée d'ouvrir ses portes et ses murs à une palette large d'artistes français d'aujourd'hui. L'originalité de la démarche est de concerner des artistes de tout âge, dans toutes les pratiques, et surtout de ne pas faire appel aux mêmes artistes "officiels" que l'on voit dans tous les lieux importants d'exposition.









C'est un acte hygiénique, une bouffée d'air pur dans un univers pollué par la pensée unique des contempteurs de l'art contemporain. On va voir enfin d'autres artistes, d'autres approches...peut être?


La question du statut  de l'artiste est la partie émergée d'un vaste marécage où tous les autres métiers de l'art ne sont traités que comme des aléas pour des artistes "ratés".

Vous croyez que j'exagère?

La vérité c'est que seuls 12% des élèves des écoles d'art françaises vont tenter une carrière d'artistes, et que le "système" éducatif n'a rien prévu pour les 88% restants.Et derrière la magie encore opérante du statut d'artiste, il existe un monde invisible qu'il ne fait pas bon montrer. Que deviennent ceux qui renoncent au statut d'artiste mais veulent travailler par passion dans le milieu artistique?



- les enseignants sont plein de suffisance et de mépris pour ce marché de l'art auquel ils échappent par leur statut de fonctionnaire. Pourtant c'est ce marché (galeries, salons, foires, ventes, collectionneurs) qui fait vivre et perdurer les artistes. 

- pour ces mêmes Ayatollahs, tous les autres métiers ne sont que des pis-allers voire des parasites de l'Art: galéristes, journalistes, critiques, experts, médiateurs, etc.

Savez vous qu'un jeune artiste sort actuellement de 5 ans d'études poussées à un certain niveau technique (on en reparlera) sans être capable de déterminer un prix pour ses oeuvres. De ce fait, durant des années le positionnement tarifaire de ce jeune artiste (quel gros mot!) sera soit sousévalué, soit surévalué. 

Pour parler de la médiation, je suis bien placé pour connaître le peu de cas de certains enseignants et même de certains grands artistes pour ce métier intrusif qui viole le mystère qui selon eux doit régner autour des oeuvres.




Voici la présentation faite par le "Palais de Tokyo"



Du 16/10/2019 au 05/01/2020

À découvrir de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.
#FuturAncienFugitif
Il vous reste 65 jour(s) pour découvrir l'exposition 

Une scène française

L’exposition Futur, ancien, fugitif, consacrée à « une scène française » s’appuie sur une conception ouverte de l’inscription territoriale – qui rassemble des artistes né.e.s en France ou à l’étranger, vivant en France ou à l’étranger, lié.e.s provisoirement ou durablement à ce pays – autant qu’elle échappe aux effets de tabula rasa qui voudraient qu’une génération en éclipse une autre. Elle réunit au contraire des « contemporain.e.s » qui partagent aujourd’hui cet espace en évolution et aux frontières poreuses. Et cherche à dessiner les courroies de transmission par lesquelles transite cet air du temps que respirent simultanément les quarante-quatre artistes ou collectifs d’artistes réuni·e·s pour l’occasion. Des artistes né·e·s entre les années 1930 et les années 1990, mais qui vivent et travaillent tou·te·s, dans et avec leur époque.





Le Palais des beaux Arts de Lille avait déjà posé ce type de question, mais plus clairement et largement:  Mais comment devient-on artiste ? 

Une exposition accessible

Être artiste, « un fantasme pour beaucoup de monde », assure Bruno Girveau, directeur du palais des Beaux-Arts (PBA). Mais comment devient-on artiste ? Comment les artisans, en cinq siècles, ont-ils décroché ce statut ? C’est l’objet de la nouvelle exposition du musée lillois. Seuls des universitaires et des historiens de l’art avaient, jusqu’à aujourd’hui, exploré ces questions. Le PBA a décidé de s’y coller. Le directeur du PBA y songeait « depuis une quinzaine d’années ».


PHOTO PIB
PHOTO PIB

L’exposition, didactique, avec un texte explicatif au-dessus de chaque œuvre, couvre cinq siècles d’histoire de l’art, des enluminures médiévales au street artist Banksy, de la peintre Marie Laurencin à la comédie musicale Starmania (« J’aurais voulu être un artiste... »).


Immersion dans le monde des artistes

Comment quitter le rang d’artisan pour se hisser au rang d’artiste ? À la Renaissance, la reconnaissance peut passer par la signature, symbole d’authenticité. Au fil du temps, certaines restent discrètes ; d’autres révèlent un caractère plus affirmé, comme cette griffe de Renoir sur Jeune Femme au chapeau noir.


PHOTO PIB
PHOTO PIB

Pour gagner en indépendance, s’émanciper de toute contrainte (économique, notamment), les artistes se sont organisés en académies, ont créé leurs ateliers, formé des élèves... Les photos d’ateliers de Gautier Deblonde sont instructives, montrant la diversité des lieux de création, sombres ou lumineux, rangés ou foutraques. Reflets des personnalités.
L’exposition balaie les différentes facettes des artistes, « maudits, géniaux ou businessmen, qui gèrent leur carrière », comme le dit Bruno Girveau. Vivre de son art demeure un défi. Ce que dépeint le peintre Jules Blin dans Art, misère, désespoir et folie  ; ce qu’a décrit Aznavour dans La Bohème.

Découvrir l’envers du décor

« Le Rêve d’être artiste » aborde, de façon intéressante, « la folie du monde marchand ». Les sommes colossales parfois déboursées pour acquérir un nom, une signature. Ce que Banksy a dénoncé avec Love is in the Bin, son œuvre qui s’est autodétruite sitôt vendue en salle des ventes, évoquée dans l’exposition.
Il est aussi question de la personnalité des artistes, leur égocentrisme parfois aussi. Quand certains se mettent en scène, est-ce par narcissisme ou engagement ? Rembrandt, Van Gogh (ne pas manquer le morphing de ses autoportraits !), Frida Kahlo se sont beaucoup représentés. « Je suis le sujet que je connais le mieux », se justifiait l’artiste mexicaine. Quand Ben proclame sur une toile « Je suis le plus important », quelle est la part de second degré ? « Le rêve d’être artiste » peut faire tourner les esprits.

Jusqu’au 6 janvier, au palais des Beaux-Arts de Lille. Le lundi de 14 h à 18 h, du mercredi au dimanche de 10 h à 18 h. Visites guidées tous les dimanches à 15h15 et 16h15 Entrée : 10/8 €. Tél. 03 20 06 78 00.
Podcaster l’exposition sur Soundcloud
www.pba-lille.fr 



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