Sortir d'un tropisme culturo-occidental, ou pourquoi toujours vouloir tout ramener à nous?
Nous avons toujours,
nous occidentaux cette fâcheuse tendance à tout ramener à notre culture, à nos
racines.
Et pourtant, en élargissant notre champ de
vision, dans de nombreuses cultures, écriture et art ont pu se rejoindre…
Dans de nombreuses
cultures, l’écriture, l’argile, le rouleau, le palimpseste, puis le codex vont relever d’une démarche sacrée, d’une
dévotion ou plutôt d’une volonté de conversion des incroyants.
Culture et sacré
forment un vieux couple. L’écriture est une symbolique très forte dans le
positionnement d’une société. Très
rapidement derrière l’écriture vient généralement le positionnement à l’image.
Dans l’occident
médiéval comme dans le monde arabo-musulman, toute création est tournée vers
Dieu… Que ce soit les premières enluminures des moines-scribes
ou les magnifiques calligraphies de l’école de Bagdad elles doivent illustrer le message du dieu et
ses écrits. Finalement que ce soit le
lettré d’Arabie ou le moine dans son
abbaye, tous les deux ne font que célébrer par leur art, la gloire
divine !
La pratique chinoise
n’est pas si différente de la tradition de calligraphie arabe. Cette
calligraphie est évidemment très antérieure
à nos traditions « méditerranéennes ».
Mais on peut y
observer quelques traits communs comme cette méfiance vis à vis des
représentations par l’image…
« Seul Dieu a
créé l’homme à son image »…et implicitement seul lui peut la
reproduire. La peur des grandes
religions a été celle de la reproduction des idoles et le retour à des cultes
païens.
Pour la civilisation
chinoise la démarche est différente, il s’agit davantage d’un parcours
individuel vers la perfection.
La « voie »
chinoise est semée d’écoles, de savants
et bientôt d’artistes. Et autant les arabes mettent leur art dans la
variété des calligraphies, l’artiste chinois recherchera quant à lui le geste
parfait. L’un est dans la forme, le
second dans la technique.
La voie japonaise de
la calligraphie est sur les mêmes exigences que celle des maîtres chinois en
reprenant la tradition « Han » au travers des Kanji.
Mais l’originalité du
Japon est de développer des formes d’art qui semblent échapper aux seuls
caractères et aux missions sacrées. Il s’agit de l’Ukiyo-e, les images du monde
flottant.
C’est une sorte
d’humanisme ou plutôt d’hédonisme à la japonaise, la reconnaissance de la
jouissance au travers de sujets multiples et qui donnent le reflet des plaisirs
de la vie dans le Japon du XVII siècle.
Une certaine forme de liberté dans une société assez rigide par
ailleurs.

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