L'art et la technologie
Une
histoire russe!
Souvent
les mouvements artistiques s'opposent, mais de là à en venir aux
mains...
En 1915, Malevitch (l'un des "pères" de l'art abstrait) échange des coups avec Tatline lors d'une exposition. C'est un vrai conflit idéologique entre le chef de file du suprématisme qui est convaincu que l'art doit s'affranchir des contingences matérielles et du monde, tandis que Tatline futur créateur du constructivisme quant à lui veut suivre le monde et sa modernité.
Le
reste de l'histoire...ou l'art cinétique
En
1922, un an avant d’enseigner au Bauhaus, Moholy-Nagy projette de
réaliser une pièce qui ne repose ni sur le travail du volume, ni
sur la lumière, ni même sur le mouvement, mais sur celui de
l’espace-lumière-mouvement. Pour ce faire, il entreprend
l’élaboration de la Lichtrequisit, ou Modulateur Espace-Lumière,
une machine rotative dont les plaques de métal et de plexiglas
permettent de projeter ombres et lumières sur les parois du caisson
qui l’abrite, dans un mouvement hallucinatoire propre à évoquer
le spectacle des villes modernes.
PREMIÈRES
SCULPTURES MOBILES
Man Ray, Obstruction, 1920
Epreuve
gélatino-argentique, 4,9x7,3 cm
Enfin,
concernant les premières formes de sculptures mobiles sans moteurs,
Abat-Jour et Obstruction réalisées par Man Ray, en 1920,
représentent les deux premières sculptures mobiles abstraites qui
font appel à un mouvement aléatoire. Abat-Jour est une feuille de
tôle spiralée qui, suspendue devant une fenêtre, fonctionne au
courant d’air. Obstruction constitue une arborescence de cintres
suspendus les uns aux autres, assemblage en perpétuel mouvement et
potentiellement extensible à l’infini.
Vient
ensuite Alexander Calder qui présente en 1932 des sculptures
géométriques abstraites motorisées, avant que ces dernières ne se
libèrent de la répétition mécanique pour devenir ces objets
fragiles aux déplacements imprévisibles que Marcel Duchamp
appellera les Mobiles. À peine deux ans plus tard, l’artiste
milanais Bruno Munari réalise ses premières sculptures mues par
l’action de l’air, amorçant la série de ses Machines inutiles.
L’enthousiasme
des artistes du début des années 1960, qui attribuent volontiers au
mouvement le pouvoir de libérer l’art de ses carcans, ne tarde pas
à se ternir. Le marché de l’art, s’internationalisant et
devenant objet de spéculation, réduit considérablement les
possibilités d’action des groupes d’artistes, qui se
décomposent. L’emploi du mouvement en art n’est plus synonyme
d’une libération
des
pratiques. Les œuvres les plus concernées par l’invention du
futur apparaîtront dans les années 1980 comme étant déjà datées.
En revanche, les productions d’artistes comme Tinguely ou Robert
Rauschenberg, échappant à la seule mouvance cinétique, revêtent
un continuel caractère d’actualité.
La
Branche "techno": Ben Rubin et Mark
Hansen
Enracinée
dans l'art vidéo, la performance, et même des happenings, œuvre
contemporaine de Rubin se rend compte du potentiel artistique des
médias électroniques. Au cours des années 1950 et début des
années 1960, les artistes Wolf Vostell et Juin Paik Nam ont été
parmi les premiers artistes à intégrer les téléviseurs dans leurs
installations, ce qui en utilisant la technologie télévisuelle et
des nouveaux moyens de communication comme des sources d'expression
créative. De plus, l'interaction entre le corps et son espace
environnant dans le travail de Rubin rappelle événements Allan
Kaprow, dans lequel la participation du spectateur et l'immédiateté
sont essentiels. Privilégiant le rythme et la non-linéarité sur la
tonalité, tout en intégrant l'élément de hasard, le corps de John
Cage de travail est aussi un précédent important pour Rubin son
propre travail des nouveaux médias.
Connu
pour ses oeuvres dans le domaine de la vidéo et la performance de la
La
projection de lumière tisse une tapisserie de l'information en deux
à trois minutes-scènes, dont chacun a son propre rythme de
composition, de présentation visuelle, et la logique interne.
Projeté sur une échelle architecturale, l'ouvrage propose des flots
de la langue qui suggèrent que les activités axées sur les médias
transpirant à l'intérieur du bâtiment de la communication. Pour
réaliser l'installation, Rubin a travaillé en étroite
collaboration avec ses collaborateurs studio EAR, y compris
l'architecte Michele Gorman, les données artiste Jer Thorp, et
statisticien Mark Hansen.
Les
autres inspirations art/science
L'art
conceptuel joue également un rôle important dans cette dualité.
Pour Joseph Beuys ou Sol Lewitt la finalité de l'œuvre n'est plus
l'esthétique mais la communication d'idées. L'œuvre d'art va jouer
sur la liaison émetteur récepteur . Pour Lewitt « l'idée
devient une machine qui fabrique l'art ».
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