L'objet culturel est particulier, si atypique...il n'est pas "facilement" un paramètre de gestion: il doit pourtant être intégré dans une réflexion de type "utilitaire" sans perdre pour autant sa "qualité" d'objet unique. C'est le premier défi de cette approche!
Le second est plus consensuel, c'est même le point de rapprochement; ces 2 mondes si différents ont une caractéristique en commun: la nécessité d'un public!
Que les mots soient variés: clientèle, spectateurs, lecteurs, auditeurs, etc...cela reste avant tout un public; un ensemble de personnes qui ont des exigences particulières par rapport à un objet, qu'il soit commercial ou culturel.
Chapitre 3 Le ou les publics sont au coeur de notre réflexion
Le second est plus consensuel, c'est même le point de rapprochement; ces 2 mondes si différents ont une caractéristique en commun: la nécessité d'un public!
Que les mots soient variés: clientèle, spectateurs, lecteurs, auditeurs, etc...cela reste avant tout un public; un ensemble de personnes qui ont des exigences particulières par rapport à un objet, qu'il soit commercial ou culturel.
Chapitre 3 Le ou les publics sont au coeur de notre réflexion
Le Public
c'est l'un des paramètres les plus importants, si c'est le projet existe c'est
pour lui. Le public est à la base de tous, et il est également le juge final de
votre projet.
Mais
c'est le paramètre
le moins constant, c'est même une variable. Vous devrez toujours garder en tête que le public est l'élément le plus difficile à cerner.
Tout
d'abord cette notion de public dépend de celui qui l'observe.
Pour vous
ce sera bien, le ou les publics,
pour le
marketing, ce sera la cible,
pour la
collectivité qui
vous emploie ou vous soutien, ce sera l'usager
pour
votre comptable ou votre banquier, ce sera la trésorerie,
Pour vous,
le public représente
à la fois la finalité, mais c'est aussi un sujet d'étude.
Contrairement
à votre objet culturel, le
public lui varie, change de goûts, et vous allez être obligé de trouver sans cesse les meilleurs procédés pour le connaître.
-
Rappelez vous des différents positionnements de la culture! -
Dans le
cadre pédagogique,
le public est «
captif »,
scolaires, apprentis, étudiants, stagiaires → il y a donc peu d'efforts à produire pour « travailler » les terres (le public).
Dans ce
cadre, la communication doit plutôt s'adresser aux prescripteurs (parents, professeurs, et
autres éducateurs
en tout genre)
Cours,
ateliers, conférences,
etc.
Dans le
cadre de l'action culturelle (mét. Chimique) le public n'est pas captif mais il est soumis à la symbolique du lieu et à la rareté de l'objet culturel et il est
sensible à une
communication centrée sur la qualité de ces 2 éléments.
La
communication devra comprendre des supports emblématiques.
Expositions,
spectacles, etc.
Dans le
cadre de la médiation
(met. Socio) le public est aussi acteur il est souvent parti prenante du projet
culturel. Il sera motivé par l'ouverture du projet et les aspects de découverte de nouveaux horizons.
La
communication devra s'appuyer sur les réseaux et le bouche à oreille
Le public
n'est pas un ensemble homogène -
Les goûts et les couleurs... parfois,
rien n'est plus faux qu'un adage, et en l'occurrence c'est le cas!
Bourdieu,
dans « la
distinction » a
bien séparé la culture « haute », de la « culture populaire ». il explique cette hiérarchie par l'habitus, sorte
de nuage d'expériences,
de capillarité, de
transmissions qui entoure un individu et lui donne son « univers » culturel.
Cette
notion a considérablement
évolué avec les comportements desdits
individus dans la société. Tout comme pour l'objet culturel, les concepts les plus étroits ne s'appliquent plus et
les pratiques se croisent: tel amateur d'opéra jouera avec délice à des jeux video apparemment très éloignés de la culture haute, etc.
L'individu
devient morcelé,
croisement de mondes autrefois hermétiques, et porteur d'une incohérence apparente...mais qui
sait désormais
être « consommateur » et « esthète » en matière de culture.
Il ne
s'agit plus uniquement de goûts généraux et prédéfinis, mais bien d'une consommation avec des motivations
variables:
le
ludique
le
convivial
l'esthétique
l'appartenance
la
valorisation
la « fanitude »
familiales
(pédagogique)
universitaires
(idem)
professionnelles
Il ne
s'agit donc plus d'un déterminisme purement social, et il ne peut être non plus question d'une
libre détermination
de chaque individu; c'est un entre-deux, fait d'envies parfois contradictoires
(ou plutôt peu
cohérentes)
et de quelques lignes fortes qui résultent de son environnement.
Il y a eu
plusieurs phases de prise en compte des publics:
la démocratisation de la culture
sur ces
aspects, je donne la parole à Olivier Donnat (ministère de la culture)
« Le
ministère
français
des Affaires culturelles, quand il fut créé en 1959, s’est vu confier comme principale mission de « rendre accessible au plus
grand nombre les œuvres
capitales de l’humanité et d’abord de la France », ce qui plaçait d’emblée la question du public au cœur de la politique culturelle.
Pendant de longues années, le projet de démocratisation a servi de légitimation à l’action des pouvoirs publics en
matière
culturelle : élus
en charge de la politique culturelle, responsables d’établissements, artistes, etc.,
tous faisaient référence – certes avec plus ou moins de
lyrisme ou de conviction – à l’exigence de démocratisation pour justifier leurs choix ou préciser le sens de leur action.
Puis, le vent a tourné, le souffle de l’histoire est passé et ces dernières années, le terme a totalement disparu de la rhétorique ministérielle au profit d’autres thématiques, celle de la diversité culturelle notamment. »
En y réfléchissant c'était très « agricole » et un brin « chimique », car je fais une offre
culturelle, elle est forcément bonne, mais le peuple n'a pas l'idée ou les moyens d'y accéder.
Cette
approche a montré ses
limites
et
surtout la société ayant évoluée (mai 68, etc.)
les modèles artistiques et culturels
en ont pris un coup. Les esthétiques, les références, les supports et la consommation culturelle ont
considérablement
changé.
«
...Notre propos n’est
pas ici de revenir sur cette question, mais juste de souligner qu’à nos yeux l’objectif d’une telle politique, loin de
se limiter à la
seule promotion de l’offre proposée par les institutions culturelles dans une perspective de
formation des «
spectateurs de demain » ou à la stimulation du potentiel créatif des enfants et
adolescents, doit concerner l’ensemble de la production culturelle d’hier et d’aujourd’hui, dans toute sa diversité. Comment l’éducation artistique et
culturelle pourrait-elle aujourd’hui esquiver les débats sur le statut désormais incertain de l’œuvre d’art et sur la pluralisation des instances de légitimation en restant prisonnière d’une conception de la culture
limitée aux
seules grandes œuvres
de l’art
et de l’esprit,
définie en opposition par
rapport aux produits culturels marchands8 ? Et surtout comment pourrait-elle
faire l’impasse
sur le rôle
que jouent dans notre société les « usines du rêve » pour parler comme Malraux ? »
«
...Loin de nous l’idée de contester la nécessité de transmettre les références nécessaires à la compréhension des œuvres de la culture classique à des jeunes générations de moins en moins armés pour les « lire » en raison du recul
concomitant des humanités dans les programmes scolaires et de la religion dans l’éducation familiale ; loin de
nous aussi l’idée de nier que la création contemporaine, plus que
tout autre forme d’expression, appelle un travail d’explicitation et de
sensibilisation préalable pour être appréciée comme œuvre, qu’il s’agisse d’arts plastiques, de musique, de théâtre ou de danse. »
- vers
une appréciation
plus grande du public, des publics qui a coincidé avec des offres beaucoup plus
diversifiées...efforts
de Jak Lang vers des arts des rues ou des pratiques émergentes.
Mais même en brassant large et en
essayant de s'adapter aux remous et aux vagues de la société, l'acteur culturel doit
admettre que l'action culturelle ne porra jamais atteindre tous les publics et
que pour avancer il est désormais nécessaire d'envisager des actions moins globales, moins
militantes, mais davantage ciblées.
C'est là où nous rejoignons la notion de
projet culturel:
Désormais, il faut redéfinir les rapports avec le ou
les publics pratiquement sur chaque projet...faire du cousu-main...d'où l'importance de ce paramètre du projet.
Et
finalement comme le perçoit Olivier Donnat, il s'agit de...
«
Mettre les outils du marketing au service d’une diversification des
publics
La mise
en œuvre
d’une telle politique, qui dépasserait les déclarations d’intention et les expériences ponctuelles sans
lendemain, constitue à l’évidence un défi de taille. En effet, combien de lieux de spectacle
vivant ou de musées ne
disposent d’aucune
structure en charge des publics ou, quand elles en ont une, considèrent leur activité comme un simple volet de l’activité de communication, confondant
relations publiques » avec « relations avec le public » ? Quelle est la proportion d’établissements culturels
disposant d’un
personnel qualifié
capable non pas de « faire du marketing » mais d’utiliser efficacement les outils du marketing au service
des missions figurant à leur cahier des charges ? Par exemple, pour s’en tenir à des considérations très opérationnelles, combien d’entre eux tirent pleinement
profit des potentialités offertes en matière de connaissance des publics par les logiciels de vente
de billets ou de gestion des abonnements ? »
→ Un
spectacle ou un atelier de qualité peut laisser totalement indifférent le public qui y assiste!
Mais vous
remarquerez vite que la notion importante et centrale, et que soit la
sensibilisation, soit la consolidation d'une pratique culturelle demande une réflexion attentive sur la
pertinence de l'objet en rapport au public. (exemples d'erreurs d'objet par
rapport au public)
de la
difficulté du périmètre de l'enfance
de la
difficulté de
cerner les «
vieux »
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