jeudi 2 octobre 2014

Vieux débat...nouveaux artistes: la BD est elle un art?

Qu'est ce qu'un art?       

Vaste question...  mais à laquelle on peut déjà  poser quelques éléments de réflexion.

Procédons à l'envers...un domaine peut être considéré comme "art" si il comporte des artistes, d'où l'autre question piège:  qu'est ce qu'un artiste?

Je peux d'abord répondre en terme de création, elle même:

- il faut d'abord  que le créateur se pose en artiste   dans sa pratique comme dans sa démarche,
- cela signifie vouloir que sa production fasse évoluer une esthétique ou une approche conceptuelle,
- ensuite, il faut que sa "production" soit des plus limitée, sinon c'est un processus commercial classique,
- enfin, il faut que cette production soit "validée": pour ce faire, elle doit être exposée dans des lieux dédiés et/ou être acquise par des collectionneurs reconnus.

Ensuite, il va s'agir d'une véritable campagne d'opinions  ou de l'adhésion de nouveaux publics qui entraîne une pratique culturelle vers le statut d'art. C'est  un peu flou, mais c'est un long processus  qui a amené par exemple le cinéma vers son statut de 7ème art. Et encore, les puristes savent que tout un domaine ne fait pas "art"... certains films sont purement commerciaux,  comme certains types de photographies ne font pas "art".


Je vais prendre en exemple le cas de Enki Bilal, car nous allons l'exposer bientôt (www.hdatoulon.fr)

                                            Il me paraît remplir ces nombreuses conditions:

En 1990, dans ses interviews il ne se considérait pas comme artiste, mais comme un bon dessinateur, et une sorte d'artisan...puis, il y a eu un tournant; une rencontre avec un galériste  qui a changé son appréciation et sa position.  Sa technique également a évolué et lui a permis de se sentir "artiste", il est passé du stade classique de la BD: encre de chine, contours, puis réglage et choix des couleurs, et enfin la réunion dessin+couleurs.   Non, désormais, sa technique est directe, plus "picturale", il  fait le crayonné puis il scanne le résultat et passe dessus au pastel ou à la peinture.




Pourtant  depuis "le sommeil du monstre" combien de débats sur le fait qu'Enki Bilal ne fait plus de la B.D, que ses histoires n'en sont plus. Il a rompu les codes...et cela c'est peut être le vrai signe de reconnaissance d'un artiste,  s'être libéré des contraintes et faire avancer une pratique.









Pour agrémenter le débat:    



1/  un article du Figaro


http://www.lefigaro.fr/bd/2012/10/29/03014-20121029ARTFIG00332-de-la-bd-consideree-comme-un-des-beaux-arts.php


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