Comment mettre des mots sur l'art contemporain ...d'abord ceux là...puis trouvez vos propres mots...en prenant appui sur vos propres expériences, sur votre culture: cinéma, lectures, musique...du matin au soir, vous êtes baigné dans la culture...parfois sans le savoir...mais bon! Reprenez le pouvoir sur votre esprit, ne le laissez pas entre les mains de ceux qui vous bourrent le crâne d'idées toutes faites, qui vous poussent à acheter toujours plus des saloperies inutiles qu'ils souhaitent vous vendre!
Merci aux canadiens pour ce petit guide qui donne des pistes pour entrer dans cet univers symbolique.
Grandes questions, réponses courtes…
inspiré
et adapté à partir d’Itinéraire d’Art contemporain (Musée d’Art de Joliette,
Canada) site www.itinerart.ca
R. On peut
dire aussi bien art contemporain qu’art actuel. Dans les deux cas, il s’agit de
l’art qui se pratique aujourd’hui. Le terme art contemporain est plus
généralement utilisé, car il est plus englobant.
Les termes modernisme et art moderne
se réfèrent à l’art qui se pratique entre la fin du XIXe et le milieu du XXe
siècle en Occident. Les artistes, aussi bien en arts plastiques qu’en
architecture, rejettent les conventions du passé et cherchent de nouvelles
avenues qui seraient plus adaptées au monde dans lequel ils vivent. L’art
moderne se termine vers la fin des années 1960. On situe le Monochrome bleu de Yves Klein dans
la période de l’art moderne.
R. Les
spécialistes situent le début de l’art contemporain au début des années 1970.
Les artistes poursuivent les transformations amorcées par les artistes de la
période d’art moderne. On assiste alors à une période d’intense créativité et à
une multiplication de mouvements artistiques qui veulent révolutionner les
pratiques.
artistes
poursuivent les transformations amorcées par les artistes de la période d’art
moderne. On assiste alors à une période d’intense créativité et à une
multiplication de mouvements artistiques qui veulent révolutionner les
pratiques.
R. C’est la
production
artistique de maintenant. Les sujets et les médiums sont très diversifiés. Par
leurs préoccupations aussi bien sociales que plastiques, les artistes sont
souvent en avance sur leur temps. Claude Viallat utilise des matériaux de
récupération. Découpés, étirés, épinglés au mur, ils deviennent des objets
intrigants qui font réfléchir sur la place des rebuts dans notre société ;
ainsi l’artiste participe à la critique de la société de consommation.
R. Une
œuvre abstraite n’imite pas la réalité visible telle que tu la perçois. On y
voit un agencement de formes ou de couleurs. Des peintres comme Janos Ber ou
Per Kirkeby jouent avec des formes et des couleurs. D’autres manipulent la
matière et les couleurs, comme Lawrence Caroll
R. C’est
souvent après coup que l’on peut nommer un mouvement en art. Et ce sont souvent
les critiques d’art qui le nomment. Un mouvement est un regroupement d’artistes
qui proposent une nouvelle manière d’envisager l’art. Parfois, les artistes se
regroupent physiquement et travaillent ensemble. À l’occasion, le mouvement
déborde les frontières et des artistes de plusieurs pays s’en inspirent et
l’adaptent à leur contexte social et artistique.
Par exemple, le Pop art
a pris naissance aux États-Unis et en Angleterre. Des artistes français se
reconnaissent dans la figuration narrative ont produit des œuvres dans le même
esprit.
Le travail de chaque artiste est
unique et il peut changer sa manière de peindre ou de sculpter au cours de sa
vie. On peut citer BMTP avec Buren,
Mosset, Parmentier, Torroni ou
supports-surfaces avec Viallat, Dezeuze, Bioulès et Pincemin, notamment.
R. Oublie
tes préjugés, accepte d’être surpris et fais-toi confiance. On peut éprouver un
ensemble de réactions entre le dégoût, la surprise, l’admiration, l’humour...
Les artistes ne cherchent pas nécessairement à rendre le beau, ils veulent
aussi nous déstabiliser, nous forcer à réfléchir et à avoir une opinion. Ils se
nourrissent de la vie qui nous entoure et nous donne le monde à regarder.
La meilleure manière de se
familiariser avec l’art contemporain c’est… d’en voir pour pouvoir faire des
liens. Les textes d’introduction, les cartels
(l’affichette placée à côté de l’œuvre) dans les musées, les livres d’histoire
de l’art sont une bonne manière de démystifier l’histoire de l’art et
d’apprendre cette « langue » étrangère.
R. C’est
facile, voire réducteur de dire ça ou encore quand il ne s’agit pas de paresse
intellectuelle. L’enfant dessine spontanément tandis que l’artiste est
conscient de l’image qu’il crée. Ce n’est pas parce que tu ne maîtrises pas ce
langage et que tu te sens privé de repères que l’œuvre est vide. La difficulté
pour un artiste est de garder la simplicité de l’enfance tout en mettant à
profit sa maturité.
Il ne faut pas regarder l’art
contemporain comme on regarde un tableau ancien. Il peut nous paraître fait de
débris, mal fait, ou pire encore trop simple comme dans le cas des bandes
verticales de Daniel Buren ou les voitures compressées de César.
Mais pour oser faire cela au moment où cet artiste l’a fait, il faut être
audacieux et vouloir briser des codes. Le 1er artiste s’intéresse à
l’interaction entre les couleurs et non à la représentation de la réalité, le
second est fasciné par l’enchevêtrement et l’aspect minéral des tôles
compressées.
R. La
sculpture ce n’est plus seulement un objet en marbre ou en bronze sur un socle.
Elle est maintenant complètement éclatée. Les sujets traités, les matériaux et
les procédés techniques utilisés sont très diversifiés. Les œuvres suivantes
sont toutes des sculptures : Une sculpture de Richard Serra est faite de murs
d’acier courbes et soudés, une autre de Sarah Frances Khun est en
plexiglass thermoformé, moulé et assemblé, etc...
Tu liras parfois sur les cartels
le mot « installation
». Il est parfois difficile de tracer la frontière entre l’installation et la
sculpture. La plupart du temps, l’installation
se déploie dans l’espace. Le Leviathan d’Anish
Kapoor est quand à lui éphémère, mais reproductible. Certaines sont même créées
spécifiquement pour le lieu dans lequel elles sont exposées. « l’emballage du Pont Neuf » par Christo.
R. Dans la peinture
de paysage classique, ni dans l’art contemporain, tu ne peux être certain
que le paysage que tu as devant les yeux existe vraiment. Même si il paraît
réaliste comme chez Jérémy Liron Il peut être un assemblage
de croquis, de photographie que l’artiste a collectés et qu’il combine. Les
artistes représentent la nature sans l’imiter. Et paysage ne veut pas
nécessairement dire campagne, nature. Un paysage peut être industriel ou urbain
comme dans l’arsenal de Toulon vu par
Jacqueline Salmon.
R. Tout
comme la peinture de paysage, les natures mortes, les nus, le portrait est
présent dans l’histoire de l’art en Occident. Avant l’apparition de la
photographie, certains portraits avaient une fonction informative : la fiancée
voulait bien savoir de quoi avait l’air son fiancé! Dans les portraits de Hans
Silvester, la personnalité de chacun se dégage en fonction des cadrages : plan
d’ensemble surexposé pour Massimo Vitali, plan rapproché mais formes altérés, pour
Thupinier et Baselitz. Sous des angles étranges et avec des ajouts de peinture
pour Sarah Moon.
R. C’est un
désir fort, qui pousse les artistes à réaliser quelque chose que personne ne
leur demande de faire et auquel ils consacrent leur vie. Ils constatent,
dénoncent et proposent un regard critique et personnel parfois humoristique sur
la société. Des artistes comme Baselitz ou Carmen Calvo font des œuvres dont le
point de départ est quelque chose de personnel, mais qui rejoint l’universel.
Les artistes actuels sont aussi en
lien avec les artistes qui les ont précédés. Ceux qui étudient dans les écoles
des beaux-arts apprennent à maîtriser des techniques, suivent des cours
d’histoire de l’art, discutent des enjeux esthétiques pour acquérir une
autonomie créatrice et intellectuelle. On apprend encore de nos jours à
dessiner, à peindre, à sculpter des nus, des natures mortes à partir de
modèles. Pour briser les règles, il faut maîtriser les techniques, connaître
les références historiques pour parfois s’en inspirer ou pour s’en moquer.
R. Sauf
dans quelques cas où la religion interdisait la représentation humaine (islam
et judaïsme), le corps humain, habillé ou dénudé, a toujours été présent dans
l’art. Mais la manière de le représenter est marquée par des changements
profonds au cours du XXe siècle. Le corps devient un sujet de réflexion
privilégié, car le moteur de l’art actuel est souvent le « moi »,
l’intime.
Certains artistes utilisent leur
propre corps comme un médium : ils testent les limites de l’esprit à supporter
la souffrance, la relation entre le nu et l’habillement, l’interne et
l’externe, la partie et le tout, soit en le modifiant, soit en le mutilant, en
se métamorphosant, et en se photographiant lors de performances et de happenings.
La mise en scène du corps permet de réfléchir sur les questions d’identité et
de sexe. C’est ce que fait le body art et certaines expériences de John Cage au
Black Mountain College.
R. Ils
utilisent de tout…. du crayon à mine aux rebuts domestiques en passant par les
nouvelles technologies, la peinture à l’huile, la photographie et l’estampe. Claudio
Parmeggiani utilise souvent la suie et la cendre pour faire des sculptures
d’ombres.
Les artistes transforment les rebuts
en objets d’art, parfois en les manipulant pour les rendre méconnaissables. Le
même Claude Viallat découpe et étire des toiles de sac pour réaliser ses tentures et autres kakemono.
Les artistes d’aujourd’hui utilisent
fréquemment la photographie, la vidéo et Internet. Ces médiums permettent
d’intégrer plusieurs pratiques : le réel en direct, l’image fixe, l’écriture
cinématographique. Ces appareils qui font maintenant partie du quotidien sont
des témoins fidèles et discrets, mais également manipulables facilement grâce à
l’ordinateur.
R. Tous les
artistes en arts visuels ne deviennent pas des vedettes ce qui ne signifie pas
que leur production
artistique n’est pas intéressante. Les arts visuels occupent une place plus
restreinte dans notre société que le cinéma, la chanson ou le sport. Il y a
moins d’acheteurs d’œuvres d’art que d’acheteurs de disques. Sans la présence
d’individus souhaitant acquérir des œuvres, il n’y a pas de marché. Les
galeries se développent dans des villes où il y a des gens riches, comme
Londres, Paris ou New York.
Les artistes sont généralement peu
connus du grand public et doivent faire un autre travail pour vivre, par
exemple, l’enseignement ou un travail technique dans un musée. Un artiste peut
acquérir une renommée quand ses oeuvres font partie de collections privées ou
de musées qui jouissent d’une bonne réputation dans le milieu de l’art national
et international et lorsqu’il participe à des expositions à l’étranger. Les
critiques d’art, les propriétaires de galeries, les conservateurs de musées et
les commissaires
d'exposition jouent un grand rôle dans la notoriété d’un artiste.
R. La
reconnaissance du grand public est longue et difficile à obtenir et tous ne
sont pas désireux de fournir les efforts nécessaires à cette reconnaissance. En
chanson par exemple, ce ne sont pas tous les artistes qui sont prêts à accepter
tous les sacrifices qu’a faits Céline Dion pour devenir une vedette
internationale.
Pour se faire connaître, les
artistes sont généralement représentés par une galerie, qui organise des
expositions dans leur lieu et dans les musées et exposent les œuvres aux grands
événements artistiques internationaux. Ainsi durant 40 ans, Baselitz a été représenté par la Galerie de son ami
Werner à Berlin.
D’autres sont des événements à
caractère muséal comme La Documenta de Kassel en Allemagne ou la Biennale de
Venise auxquelles les artistes sont conviés par des commissaires.
Les artistes doivent assumer les frais de fabrication de leurs œuvres. Règle générale, les galeries gardent 50 % du prix de vente d’une œuvre pour couvrir leurs frais : publication de catalogues, loyer de la galerie, transport des œuvres, promotion de l’artiste dans les foires d’art international, etc.

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